Matthieu, un ange parti trop tôt

Matthieu, un ange parti trop tôt

Il y a quelque temps, j’ai fait la rencontre d’une personne extraordinaire, elle m’a accordé une interview

pour me faire partager son histoire…

Une bien triste histoire : allumez une bougie, et partagez, que le souvenir de Matthieu reste en chacun de nous….

« Début du témoignage »

  1. Présente-toi en quelques mots… (ton prénom, ton âge, ton département, ton travail, ton conjoint, enfin un petit bout de ta vie) :

-Je m’appelle Marina, j’ai eu 22 ans le 15 juillet 2015. Je vis actuellement dans le 83, sous le soleil du Sud. De base, je suis du 56, étonnant oui, je sais. Je suis militaire et mon conjoint, Jonathan, 23 ans, également.

Nous avons également changé de logement pour commencer une vie à trois.

  1. Ta grossesse était-elle planifiée ? Une décision prise à deux ?

-Oui, elle l’était. J’ai décidé avec mon homme que l’on pouvait débuter le projet bébé. J’ai donc stoppé la pilule et 2 mois après, le bonheur est apparu sur le test de grossesse (2 jours après la date prévue de mes règles).

  1. Comment as-tu annoncé ta grossesse à ton conjoint ? De quelle manière a-t-il réagi ? Comment ta famille a appris la nouvelle ?

-J’ai annoncé à mon homme en lui envoyant une photo du test avec un doudou et une tétine lorsqu’il était sur son bateau. Au sens propre comme au sens figuré, il est tombé sur le (désolé du mot) sur le cul et était extrêmement heureux.

J’ai pris le soin d’annoncer à ma famille vivant en Bretagne par Skype et mon homme à sa famille vivant à Reims. Tous étaient très heureux et ont versé des larmes de joie (premier petit enfant).

  1. Comment ta grossesse s’est déroulée ? Gynéco, docteur, écho… ?

-Ma grossesse fut la plus belle et la plus merveilleuse, j’ai eu un petit coup de blues les 3 premiers mois, car mon homme était parti en mission, mais la suite fut splendide.

Les visites pour les échographies se sont toutes très bien déroulées, bébé bougeait très bien, il était parfait et magnifique. Les rendez-vous chez les sages-femmes se passèrent très bien, aucun problème des 2 côtés. Tout était parfait, le rêve de chaque future maman pour une première grossesse. Je n’ai vu que des sages-femmes car elles faisaient aussi les analyses, donc c’était super.

  1. La découverte du sexe de ton petit ange ? La réaction de papa ?

-Une merveilleuse nouvelle à 3 mois de grossesse, c’est ce que je désirais, un petit mec, mon fils, le futur homme de ma vie.

Le papa était extrêmement ravi et a pleuré, non seulement à la première découverte de ce petit bébé, mais aussi à l’annonce -au même moment- que c’était un garçon.

  1. Quand as-tu commencé les achats de bébé ? À préparer la chambre ?

-Les achats pour bébé se sont faits dès que j’ai atteint le 3ème mois, pour être certaine que ce petit cœur s’accroche bien.

La chambre, on a commencé à la préparer vers mes 5 mois, car nous avons déménagé vers mes 4 mois, et j’ai attendu le papa pour pouvoir commencer ensemble. Elle est magnifique : grise et bleu turquoise avec des petits pieds qui orne les murs.

  1. Pourquoi avait tu décidé d’appeler ton petit ange Matthieu ?

-Son prénom était, au début, Cameron, mais avec le temps nous avons entendu et vu plusieurs prénoms qui nous plaisaient. Puis notre choix s’est arrêté sur le prénom de Matthieu qui, d’ailleurs, quand je l’ai vu pour la première fois, lui allait merveilleusement bien. Le M signifiait également un hommage au grand père (Marcel) de mon conjoint.

  1. Début des contractions le 14 Juillet 2015, raconte-nous ? Qu’as-tu fait ?

-A vrai dire, je n’ai eu aucune contraction pendant toute la grossesse, et elles ont commencé le 14 juillet pour la première fois. J’ai donc commencé à les compter, le temps de chacune d’entre elle et le délai entre chaque. J’ai vu que, le 15 juillet, jour de mon anniversaire, elles étaient plus intenses : j’ai donc contacté l’hôpital afin de savoir ce que je devais faire. Ils m’ont demandé si j’avais eu des pertes de sang, le bouchon muqueux ou bien la perte des eaux, mais je n’avais rien de tout ceci, elle m’a donc dit de rester à la maison pour le moment. Jusqu’au 16 juillet à 16h ou les contractions ont été plus intenses, plus rapprochées et où j’ai perdu le bouchon muqueux. J’ai foncé à l’hôpital avec mon homme.

  1. Raconte-nous le déroulement de l’accouchement ? (présence de docteur, péridural, présence de ton homme)

-Mon accouchement a été un moment assez intense et rapide.

Je suis arrivé à 18h devant la fameuse porte : ils m’ont dit de patienter. Ensuite, je commençais à avoir très mal, mon homme me promenait dans le couloir en fauteuil roulant : les contractions étaient intenses, rapprochées et douloureuses.

18h30, mon homme est parti chercher quelqu’un et ils m’ont prise en charge. Le temps passé dans le couloir m’a fait dilater à 5 cm.

19h, la sage-femme m’a dit que j’étais dilatée à 8 cm, qu’il fallait poser la péridurale.

19h30, l’anesthésiste est venu me poser la péridurale entre chaque contraction intense et mon homme a pu rester pour m’aider. J’ai eu la perte des eaux au même moment. La douleur de la péridurale ne fait pas mal comparée aux contractions, pour les femmes qui ont peur d’avoir mal.

20h, le gynécologue est venu faire du monitoring, car il ne l’entendait pas.

20h30, début du travail de l’accouchement, la sage-femme m’a beaucoup aidé et c’était parfait, mon homme était à côté et m’a soutenu également.

J’ai senti mon petit bout passer sans douleurs, c’était magique.

Le moment où il est sorti, je ne l’ai pas entendu pleurer… le gynécologue l’a amené, il s’est arrêté devant moi et m’a dit:

« Qu’avez-vous fait à votre fils …?  il est mort … »

À ce moment-là, mon visage et celui de mon homme se sont figés… nous ne comprenions pas, tout s’écroulait autour de nous, nous ne pouvions réagir, figés, les frissons et les larmes arrivant…

Cette phrase me hante tous les jours … Avec mon conjoint, nous n’y avons pas cru au départ, c’est affreux comme nouvelle -surtout annoncée aussi brutalement. Je n’arrive pas à y croire aujourd’hui encore… , il allait si bien. Nous avons été anéantis, j’ai hurlé … mon homme pleurait tellement … Je ne l’avais jamais vu pleurer autant … Le pire moment de ma vie … Je pensais que ça aurait été le plus beau moment de ma vie, où j’allais dire bonjour à mon fils, et il s’est transformé en véritable cauchemar.

Le drame de notre vie … Je devrais rentrer et vivre sans lui.

  1. As-tu pu voir ton petit ange ? Combien de temps as- tu pu le serrer dans tes bras ?

-Ils m’ont proposé de le voir, j’ai accepté, mon homme n’a pas pu car il l’avait vu quand il était sorti de mon ventre et ne pouvait pas : c’était trop dur pour lui. J’ai pu l’avoir dans mes bras, habillé comme on avait prévu, comme un ange, tout de blanc. Je l’ai eu dans mes bras le temps que je voulais, je ne pouvais plus le lâcher ni arrêter de pleurer … je me suis excusée un million de fois en le regardant … Il était magnifique mais éteint. Ils l’ont pris en photo et je les ai récupéré. Mon homme les a regardé en rentrant chez nous.

  1. Que s’est-il passé après l’accouchement ? Psychologue, sage-femme, aide dans la chambre d’hôpital ? Combiens de jours es-tu restée ?

-Ma belle-sœur, mon beau-frère, les cousines de mon conjoint, son oncle sont venus nous voir, nous soutenir. Je n’ai pas dormi de la nuit avec mon homme près de moi, mais vide de cette absence… Les sages-femmes étaient aux petits soins pour moi, mais ça ne suffisait pas. Une psychologue est venue nous voir le lendemain matin, elle a été vraiment gentille et d’un grand soutien. Nous sommes restés 1 jour, je ne pouvais pas rester plus, surtout en entendant des bébés pleurer à travers les couloirs. C’était trop pour moi.

  1. Comment s’est déroulé l’enterrement ? Le soutien de tes proches, de l’hôpital, de ton conjoint ?

-L’enterrement s’est déroulé dans le respect et l’intégrité de mon fils (j’ai encore du mal à écrire ça). Mes beaux-parents sont venus, ma belle-sœur, mon beau-frère, ainsi que des collègues militaires, sont venus en ce jour pour nous soutenir. J’ai pu lui laisser son doudou, une rose blanche et un chapelet avec lui pour partir. L’hôpital a pris en charge toutes les obsèques et on n’aurait pas pu faire mieux. Aujourd’hui il repose en paix dans un jardin du souvenir dans le 83. Je vais le voir tous les 16 du mois avec deux roses blanches.

Avec mon conjoint, nous nous somme rapprochés, on s’est soudés et on s’aime encore plus qu’avant. Nous nous entraidons pour survivre à ce chagrin et pour avancer ensemble.

  1. Et maintenant ? Comment vas-tu ? Qu’as-tu fait des petites affaires de Matthieu ?

-Maintenant nous avons encore le soutien de nos familles, on parle chaque jour de Matthieu, je ne veux pas qu’on oublie mon petit garçon, car il a vécu et mérite qu’on parle de lui.

Pour ses affaires, mon frère nous a aidé psychologiquement à se préparer à ranger, puis moi et mon homme, nous avons rangé ensemble toutes ses petites affaires dans son dressing, on a tout poussé dans un coin, bien rangé. Nous ne voulons rien jeter ou vendre. Comme l’on s’est dit, ca servira pour son petit frère ou sa petite sœur.

Je garde le double de son doudou avec moi partout où je vais, ainsi qu’un chausson souple dans mon porte-monnaie et dans celui de mon conjoint.

  1. Souhaites-tu refaire un bébé ? Quand as-tu pris cette décision ?

-Avec mon homme nous souhaitons retenter le projet bébé, oui car nous avons trop d’amour parental en nous et personne à qui le donner.

Nous avons pris cette décision le jour de son enterrement, on s’est regardés avec Jonathan et on s’est dit plus que plus jamais cela nous arriverait, ce n’est pas normal de vivre les obsèques de son enfant, pas en 2015.

Mon fils restera toujours le premier de notre famille et notre 1er enfant. Il est inscrit sur notre peau à l’encre, il est inscrit dans nos cœurs, il est inscrit sur notre livret de famille.

Notre futur enfant saura qu’il ou elle n’était pas seul(e) car il ou elle à un grand frère qui veille sur lui ou elle à tout jamais.

Un ange de plus dans le ciel. Je t’aime mon fils. Ton papa et ta Maman.

Merci pour cette interview et ce soutien de la part de Jenny.

Merci d’avoir pris le temps de lire ce témoignage.

Je souhaite à tous les parents ou futur parents de ne jamais vivre ce terrible chagrin et d’aimer leurs enfants, car la vie peut en décider autrement même quelques heures avant le plus beau jour de votre vie, j’en fait les frais du destin. Profitez de votre grossesse et surtout ne doutez jamais de vous ni de votre enfant, vous êtes déjà de merveilleux parents.

« Fin du témoignage »


Pour soutenir MATTHIEU, sa Maman et son Papa, PARTAGEZ

cet article et soutenez les sur la page

Facebook Bons Plans Maman avec vos commentaires.


 

You May Also Like